Ce n’est pas la crise qui te coûte de l’argent… c’est ta réaction à la crise
On va pas se mentir : la semaine a été mouvementée.
Les marchés ont tangué, les devises ont valsé, le Bitcoin a plongé avant de remonter.
Donc non, aujourd’hui, je ne vais pas juste te résumer le chaos économique qui est passé (ça, je t’en ai déjà parlé dans la revue de presse suivais les épisodes en direct).
Aujourd’hui, je vais te parler de toi. De nous.
Et de ce qu’on fait quand l’économie est à 2 doigts de s’effondrer.
Parce qu’en période de crise, ce n’est pas toujours la Bourse qui fait le plus de dégâts.
C’est le cerveau humain.
Temps de lecture 10 min
Ce n’est pas toujours la Bourse qui fait le plus de dégâts...
Cette photo, reçue mercredi midi, m’a donné envie d’écrire ce post
En pleine crise, une abonnée me demande mon avis sur la situation des marchés.
Dans son assurance vie, elle a très probablement des OPCVM qui suivent le cours d’entreprises opérant sur le secteur de l’eau, et un autre OPCVM sur le secteur du climat.
On comprend donc que cette abonnée veut faire fructifier son argent, mais que c’est aussi important pour elle de respecter ses valeurs, afin d’avoir des investissements alignés.
Mais premier problème : je ne sais pas si son banquier l’a prévenue, mais de nombreux fonds d’investissement sur ce type de thématique sous-performent généralement.
Donc, indépendamment de la crise actuelle, il est indispensable pour elle de diversifier son portefeuille, sinon, sur le long terme, elle peut se retrouver avec des investissements qui non seulement ne rapportent rien, mais lui font perdre de l’argent.
Et au vu de la question qui suit, je me dis qu’elle doit aussi avoir des OPCVM ou des ETF qui suivent le S&P 500 et/ou le CAC 40.
J’échange donc avec une investisseuse qui a un portefeuille diversifié, qui semble avoir été accompagnée, et qui est donc, théoriquement, au courant de l’existence des fluctuations qu’on retrouve sur les marchés financiers.
( évidemment je ne lui donne pas de conseil en investissement je ne partage que mon avis )
Ce que je veux te partager ici, ce n’est pas la réponse technique (qui dépend de son portefeuille, de son horizon, de sa stratégie).
Ce qui m’intéresse, c’est ce qui se passe dans ta tête au moment où les marchés vacillent. Quelles sont les bonnes questions à se poser en tant qu’investisseuse ?
Pourquoi c’est important de remarquer ça ?
Parce que quand les marchés s’effondrent, ce n’est pas la stratégie qui lâche en premier. C’est souvent la psychologie.
Qu’est-ce qui explique que, même quand tu es diplômée, formée, expérimentée, en pleine panique tu te poses quand même la question de vendre ?
Est-ce un manque de connaissances ? Un défaut d’accompagnement ?
Et si je te disais que non.
Et si je te disais que dans ce type de situation, nous sommes nombreuses à prendre les mauvaises décisions, parce que notre cerveau prend le contrôle.
Alors viens avec moi, et analysons ensemble les vrais coupables — ou plutôt, les vrais décisionnaires — dans ce type de situation.
Bienvenue dans le monde merveilleux des biais psychologiques.
Les biais cognitifs sont des raccourcis de pensée.
Des réflexes automatiques que notre cerveau utilise pour gagner du temps, économiser de l’énergie… mais qui peuvent nous induire en erreur.
En période de stress (comme une crise financière), ces biais sont amplifiés. Ils nous poussent à prendre des décisions émotionnelles, souvent contre-productives.
D’après l’étude d’Oxford Risk, ces biais peuvent coûter jusqu’à 7 % de performance annuelle aux investisseurs particuliers pendant une crise.
Voilà donc les 4 biais qui ont impacté mon abonnée, et qui ont failli la pousser à prendre une mauvaise décision : tout vendre en pleine crise,
et donc… perdre de l’argent.
1. L’effet de disposition
Tu as tendance à vendre les actifs en gain (par peur qu’ils redescendent), et à garder ceux en perte (en espérant un rebond). Or, ce sont souvent les actifs solides qui remontent le plus vite après une crise.
Le risque : sacrifier les meilleurs titres et conserver les plus faibles.
Ce qu’il faut faire : s’appuyer sur les fondamentaux, pas sur l’émotion du moment. ( En gros ne pas vendre tout de suite analyser le titre et vendre après plus tard si l’analyse donne de mauvais résultats.)
2. L’aversion aux pertes
Psychologiquement, une perte est ressentie comme deux fois plus douloureuse qu’un gain équivalent.
C’est un réflexe de survie. Mais en investissement, il pousse à couper ses positions trop tôt… ou à refuser d’en couper d’autres quand c’est nécessaire.
Tu comprends les questions de mon abonnées – c’était très douloureux pour elle de voir son portefeuille baisser à cause de ce biais précisément.
Ce qu’il faut faire : revoir ton portefeuille à froid, en dehors de la panique, en te recentrant sur ton horizon de placement.
3. L’effet de récence
Tu donnes plus de poids aux événements récents qu’au contexte global. Une mauvaise semaine boursière te semble plus importante qu’une performance solide sur 5 ans.
Ce qu’il faut faire : prendre de la hauteur. Te rappeler ton horizon d’investissement (5, 10, 15 ans), et ne pas laisser une actualité à court terme dicter toutes tes décisions.
4. Le biais d’ancrage
Tu restes fixée sur ton prix d’achat : “Je l’ai achetée à 100€, je ne vais pas vendre à 80€”.
Mais ce point de référence est souvent obsolète.
Le risque : garder des actifs sans avenir uniquement pour ne pas “accepter la perte”.
Ce qu’il faut faire : évaluer les actifs pour ce qu’ils valent aujourd’hui, pas en fonction de ton passé.
(Mais après la crise)
Tout ça est encore plus vrai... quand tu es une femme débordée, ambitieuse et que tu veux tout gérer.
Ton cerveau est déjà en surcharge. Tu cours partout.
Tu portes ta vie pro, ta vie perso, tes enfants, ton couple, tes dossiers… et on te dit : “il faut investir”. 😂😂😂
Mais personne ne t’a dit que ton pire ennemi, c’est ta peur. Ta précipitation. Ou ton immobilisme.
Ce que je veux que tu retiennes
→ Non, ce n’est pas grave de paniquer. C’est humain.
→ Mais si tu connais les pièges, tu peux les éviter.
→ Et surtout : investir, ce n’est pas avoir toujours raison. C’est rester en mouvement, avec lucidité.
Pour résumer
– Ce n’est pas toujours le marché qui te fait perdre de l’argent. C’est parfois ta réaction.
– Ce n’est pas toujours la crise qui est dangereuse. C’est de ne pas avoir de stratégie.
– Ce n’est pas ton niveau qui compte. C’est ta capacité à rester dans le jeu… ou à ne pas y entrer trop vite.
Parce que tu n’es pas nulle avec l’argent. Tu es juste surchargée d’informations.
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